Arnaque téléphonique : l’ARCEP alerte sur une usurpation d’identité, raccrochez

Personne méfiante recevant un appel téléphonique suspect sur son smartphone

Un appel qui commence par « Nous sommes l’ARCEP, votre identité a été usurpée » : c’est le nouveau piège que l’autorité de régulation des télécoms dénonce elle-même. Depuis juin 2025, plus de 850 signalements sont remontés auprès du régulateur, preuve que la fraude tourne à grande échelle sur le territoire français.

Une arnaque téléphonique qui usurpe l’identité de l’ARCEP

Le régulateur des télécommunications publie rarement des alertes grand public. Quand il le fait, le signal mérite d’être pris au sérieux. Dans son communiqué du 3 novembre 2025, l’ARCEP décrit un scénario précis où son propre nom sert d’appât pour soutirer des données personnelles.

Comment se déroule cet appel frauduleux ?

Un correspondant se présente comme agent de l’ARCEP et annonce que le numéro ou l’identité de la victime a servi à ouvrir une ligne téléphonique frauduleuse, ou à réaliser un virement bancaire illicite. L’objectif : provoquer l’inquiétude pour faire baisser la garde. L’appel bascule ensuite vers un prétendu service de police, en réalité un complice, chargé de récupérer pièce d’identité et informations bancaires.

Des signalements en hausse constante depuis juin 2025

Le régulateur recense plus de 850 remontées en quelques mois sur ce seul scénario. Plus largement, les signalements pour usurpation de numéro ont bondi de plus de 1500 % en 2024 selon les données citées par la presse spécialisée. Un Français reçoit en moyenne une quinzaine d’appels indésirables par mois, et près de 44 % des appels émis depuis un numéro inconnu relèvent du spam ou de la fraude.

Pourquoi cette arnaque téléphonique fonctionne aussi bien

Deux ressorts expliquent le taux de réussite de ce type de fraude : la technique utilisée pour habiller l’appel d’une fausse légitimité, et la mise en scène qui rassure la victime au moment où elle commence à douter.

Le spoofing, la technique qui trompe l’appelant

Le spoofing consiste à falsifier le numéro affiché sur l’écran du destinataire. Un escroc peut ainsi faire apparaître le numéro officiel d’une banque, d’une administration ou d’un opérateur alors que l’appel provient d’ailleurs. La CNIL confirme que cette technique repose sur une manipulation du protocole d’appel, sans intrusion dans les systèmes de l’organisme usurpé. L’ARCEP a d’ailleurs demandé aux opérateurs de renforcer l’authentification des numéros affichés pour limiter ces usurpations.

Écran de smartphone affichant un appel entrant, illustrant le spoofing téléphonique utilisé dans l'arnaque à l'ARCEP

Un faux transfert vers la police pour rassurer la victime

Le passage d’un « agent ARCEP » à un « policier » joue un rôle précis. Il donne l’impression d’un dossier pris au sérieux par plusieurs autorités, alors qu’un seul et même réseau de fraudeurs mène toute la conversation. Cette mécanique se retrouve dans d’autres arnaques, notamment celle du faux conseiller bancaire, mais aussi dans le démarchage abusif pratiqué au nom de fournisseurs d’énergie, détaillé dans notre comparateur d’électricité et de gaz 2026.

Les signes qui doivent vous alerter au téléphone

Certains détails reviennent systématiquement dans ce type d’appel. Les repérer tôt permet de couper court avant que l’interlocuteur n’obtienne la moindre information utile.

  • Un numéro qui semble officiel mais dont l’appelant refuse de rappeler par un canal vérifiable
  • Une urgence mise en avant dès les premières secondes de l’appel
  • Une demande de copie de carte d’identité, de passeport ou de RIB par téléphone
  • Une question sur votre présence ou absence du domicile dans les jours à venir
  • Un transfert soudain vers un « collègue » ou un « service de police »
  • Une demande de code reçu par SMS, de mot de passe ou de code carte bancaire

Autres arnaques téléphoniques courantes en France

La fraude à l’ARCEP n’est qu’une déclinaison d’un phénomène plus large. Deux autres schémas circulent activement et méritent la même vigilance.

Le faux conseiller bancaire, une fraude en plein essor

Le principe ressemble à celui décrit plus haut : un numéro spoofé fait croire à un appel de sa propre banque. L’interlocuteur évoque une opération suspecte sur le compte et demande de valider une opération dans l’application bancaire ou de communiquer un code reçu par SMS. Cybermalveillance.gouv.fr rappelle qu’un conseiller bancaire ne demande jamais un mot de passe, un code de confirmation ni le code secret d’une carte, et qu’aucune banque n’organise le retrait d’une carte par coursier.

Les numéros surtaxés et le rappel piégé

Autre classique : un appel manqué en absence, souvent très bref, en provenance d’un numéro inconnu à l’étranger ou d’un numéro surtaxé en 08 ou en 09. Rappeler par réflexe déclenche une facturation à la minute parfois élevée, sans qu’aucun service réel ne soit rendu. La règle reste simple : un numéro qu’on ne reconnaît pas ne se rappelle pas dans l’instant.

Le même type de manipulation vise parfois le code RIO utilisé pour changer d’opérateur mobile en conservant son numéro : voir notre comparatif des forfaits mobiles pas chers pour la procédure officielle et les précautions à prendre.

Comment réagir et se protéger efficacement ?

Face à un appel suspect, la meilleure défense reste la sobriété : peu d’informations données, et une vérification systématique par un canal indépendant de celui utilisé par l’appelant.

Les bons réflexes à adopter immédiatement

  • Raccrocher sans justification ni négociation dès le premier doute
  • Ne jamais transmettre de pièce d’identité, de RIB ou de code par téléphone
  • Rappeler l’organisme concerné via le numéro affiché sur son site officiel, jamais celui laissé par l’appelant
  • Ne jamais rappeler un numéro surtaxé ou étranger inconnu figurant en absence
  • Prévenir un proche âgé ou isolé, souvent ciblé en priorité par ces scénarios — le même public visé par le démarchage abusif à la mutuelle senior

Le 33700, le réflexe pour signaler un appel ou SMS suspect

Le même réflexe s’applique aux SMS frauduleux, détaillés dans notre article sur le smishing. Le 33700 est le dispositif national gratuit de signalement des SMS et appels frauduleux, piloté par la Fédération Française des Télécoms en lien avec les pouvoirs publics. Un SMS suspect se transfère directement au 33700 ; un appel frauduleux se signale en envoyant le numéro reçu par SMS au même 33700, avec le mot « SPAM VOCAL » suivi du numéro concerné. Ce signalement alimente les listes utilisées par les opérateurs pour bloquer les numéros frauduleux les plus actifs.

Comment bloquer les appels indésirables sur son smartphone ?

Les opérateurs proposent des options de filtrage anti-spam directement dans leurs applications ou espaces clients. Les smartphones récents intègrent aussi un blocage natif des numéros inconnus ou identifiés comme spam par la communauté d’utilisateurs. Activer ces filtres réduit sensiblement le volume d’appels frauduleux reçus, sans supprimer totalement le risque : les fraudeurs renouvellent régulièrement leurs numéros.

Où signaler une arnaque téléphonique ?

Selon la nature de l’arnaque subie, plusieurs canaux officiels existent en France pour signaler les faits et obtenir de l’aide.

SituationContactUsage
SMS ou appel frauduleux33700Signalement gratuit pour alimenter le blocage des numéros
Doute sur un appel ou une pratique commercialeInfo Escroqueries : 0 805 805 817Conseil gratuit, du lundi au vendredi
Fraude bancaire déjà subiePlateforme Perceval, puis banqueDéclaration officielle et blocage des opérations
Besoin d’accompagnement après une cyberfraudeCybermalveillance.gouv.frFiches réflexes et mise en relation avec un prestataire
Usurpation d’identité ou de numéroArcep.fr, rubrique consommateursFiches pratiques et procédure de signalement

Sources citées : ARCEP, communiqué du 3 novembre 2025 ; Degrouptest ; CNIL, fiche spoofing ; Cybermalveillance.gouv.fr ; 33700.fr ; ARCEP, fiche pratique usurpation d’identité.

Questions fréquentes sur l’arnaque téléphonique à l’ARCEP

L’ARCEP appelle-t-elle vraiment les particuliers par téléphone ?

Non, l’ARCEP ne contacte pas les particuliers par téléphone pour signaler une usurpation d’identité ; ce type d’appel est systématiquement frauduleux.

Qu’est-ce que le spoofing téléphonique ?

Le spoofing consiste à falsifier le numéro affiché sur l’écran du destinataire pour faire croire à un appel d’une banque, d’une administration ou d’un opérateur, sans intrusion dans les systèmes de l’organisme usurpé.

Comment signaler un appel ou SMS frauduleux ?

Transférez le SMS suspect au 33700, ou envoyez le numéro reçu par SMS au 33700 précédé du mot « SPAM VOCAL » pour un appel frauduleux ; ce signalement alimente le blocage des numéros par les opérateurs.

Faut-il rappeler un numéro inconnu resté en absence ?

Non : un numéro inconnu, notamment surtaxé en 08/09 ou à l’étranger, ne doit jamais être rappelé par réflexe, au risque de déclencher une facturation élevée sans service réel rendu.

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En bref
Des escrocs se font passer pour l’ARCEP au téléphone, annoncent une usurpation d’identité puis transfèrent l’appel à un faux policier pour récupérer pièce d’identité et informations bancaires.
  • Plus de 850 signalements recensés par l’ARCEP depuis juin 2025
  • La technique repose sur le spoofing, qui falsifie le numéro affiché à l’écran
  • Réflexe fiable : raccrocher et signaler l’appel au 33700